
Posted on 04:06, avril 8th, 2010 by
Philippe MARX
Georges Fotinos, inspecteur honoraire de l’Éducation nationale, membre de l’observatoire international de la violence vient de rendre une étude édifiante réalisée au cours de l’année 2008-2009 et qui révèle que 17.268 élèves ont été exclus définitivement de leur établissement scolaire et 367.416 exclus temporairement. Ce rapport sera présenté lors des États généraux de la sécurité à l’école qui se déroule à Paris les 7 et 8 avril.
L’exclusion définitive est l’ultime sanction administrative que l’autorité scolaire peut avoir envers un élève, y avoir recours trop fréquemment risque d’en pervertir les effets car j’ose encore penser que le but de départ d’une telle sanction est de dissuader, or la banalisation est l’ennemi de la dissuasion. De plus une exclusion est quelque part un aveu d’échec de la part de l’administration, un aveu d’impuissance face à son rôle d’encadrement et d’éducation, un peu comme les parents qui « foutent » leur enfant à la porte parce qu’ils n’ont plus d’autorité et fuient le miroir de leur échec dans l’éducation qu’ils ont pourtant donné.
En observant la situation de près, on constate que le Ministère de l’Éducation Nationale suit le modèle de société dessiné par son gouvernement depuis 2002, le tout-répressif, on sanctionne d’abord, on réfléchit ensuite, pas étonnant donc que les chiffres des exclusions aient explosé ces dernières années et que la violence scolaire en soit à son paroxysme.
La sanction est un maillon de la chaîne qui a bien sûr son importance mais il ne faut pas négliger la prévention et surtout la compréhension, car pour soigner un comportement il faut préalablement l’avoir compris et réunir les conditions pour qu’il ne se reproduise pas.